De nouvelles animatrices à la DDEC 54
Etes-vous de Meurthe-et-Moselle ou de Meuse ?
Je ne suis pas normande... mais je répondrais « les deux ! ». J'habite Lucey, un petit village viticole du Toulois. Il est proche de la Meuse mais c'est bien en Meurthe-et-Moselle. J'ai deux enfants. Sarah a 8 ans et Gabriel 6 ans. Je passe la « frontière » tous les matins pour rejoindre le Lycée professionnel Jeanne d'Arc à COMMERCY. J'y enseigne les Mathématiques et les Sciences depuis 2001 en Troisième Découverte professionnelle et en CAP. Les jeunes y préparent un diplôme d'Agent de Prévention et de Sécurité. Ce sont eux qui vont nous donner un sérieux coup de main dans la journée EDECA 2009 le 30 avril.
Ce sont les élèves de CAP qui vous ont conduite à questionner la pédagogie ?
Je me suis retrouvée confrontée aux difficultés des élèves dès mon entrée en fonction. Je ne l'avais pas choisi... Ce ne sont pas les classes dont on rêve quand on anticipe le métier. Pourtant, je me suis sentie tout de suite dans mon élément.
Témoin de mes interrogations, Denis LAROQUE, mon chef d'établissement il y a quelques années, m'a dirigé vers l'IFP. J'avais besoin de comprendre, de rencontrer des collègues, de construire des outils pour répondre aux besoins.
Comprendre ?
Je pense à Ludovic, un élève de Troisième d'insertion, 16 ans, souvent absent... Il faisait vraiment « tourner sa famille en bourrique » ! il formulait toujours la même conclusion à l'issue de nos rencontres : « Je ne ferai rien ». Nous lui avons offert la possibilité d'entrer au Lycée Professionnel. Il n'est jamais venu.
Je l'ai retrouvé par la suite. C'est lui qui est venu à ma rencontre pour m'annoncer victorieusement : « Je suis en apprentissage dans la construction. J'ai un super patron. J'aime ce que je fais ».
Surprise, doute... Avais-je été de bon conseil dans son orientation ? Pourquoi lui avoir proposé le Lycée Professionnel alors que c'est vers une voie professionnelle par l'apprentissage qu'il souhaitait aller ?... et lui de poursuivre : « Si vous ne m'aviez pas secoué, si vous n'aviez pas été là pour m'obliger à un choix, je n'en serais pas là.... Merci ! »
Ce jeune n'a pas suivi la voie que nous lui montrions... il a pris la sienne. L'intérêt que mes collègues et moi lui avons porté a donné des fruits... avec le temps. Nous ne l'avons pas abandonné, nous l'avons suivi, soutenu, « secoué » comme il le dit aujourd'hui. Il a trouvé son chemin.
Seule, je ne suis pas sûre que j'aurais reconnu une réussite dans un tel parcours. Ce sont les formations qui m'ont permise de prendre le recul nécessaire. La réussite scolaire ne se résume pas au bulletin en fin de trimestre... elle s'évalue dans un long terme... Dans ce cas, les propositions de l'équipe enseignante prennent un tout autre sens.
Quelles formations avez-vous suivies ?
Les réformes successives ont demandé de s'adapter. Je pense tout particulièrement à la mise en place de la Troisième de découverte professionnelle avec un module de 6 heures. Je suis allée en formation pour entrer dans ce nouveau mode de travail.
La formation 2 CASH a été un moment important... Elle prépare les enseignants qui le souhaitent aux épreuves du certificat complémentaire pour les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap dans le second degré.... un tout autre discours sur l'élève, une porte ouverte pour imaginer en équipe des réponse nouvelles.
La formation Edeca en 2007 reste un grand moment. Je n'avais qu'une vague idée du projet de l'Enseignement catholique. J'en connaissais certains éléments, j'en mettais en œuvre d'autres sans faire les liens. Cette formation a été une révélation. Je me suis sentie en phase avec cette dynamique, j'y ai trouvé ma place.
Comment êtes-vous arrivée à la Direction diocésaine ?
La formation EDECA m'a donné l'occasion de rencontrer Monique MEYER, Madeleine WINSBACK,... et la proposition s'est construite.
C'est l'aventure... une aventure tentante. La DDEC a des attentes pour l'animation pédagogique du second degré mais il me revient de penser, de créer... en lien avec l'équipe de la DD, avec les établissements... avec ce que je suis. C'est déstabilisant mais tellement ouvert.
Comment pensez-vous votre fonction ?
Les équipes d'enseignants, les chefs d ‘établissement on perdu l'habitude d'un animateur pédagogique. Il me faut trouver une place. Les rencontres avec les équipes et les chefs d'établissement seront déterminantes.
Et j'ai le temps qu'ils n'ont pas.
A moi d'anticiper pour informer, de voir venir pour aider à la prise de recul, de suivre l'actualité pour proposer, de recevoir les idées et de les accompagner, d'entendre les demandes... Il y a de quoi faire !
Que vous souhaiter ?
... être une aide aux établissements. Ce maillon semblait manquer à l'animation diocésaine du second degré.... il doit trouver sa place au côté des chefs d'établissements, des équipes. Je travaillerai dans ce sens.
Pages : Catherine PELLERIN - Anne VUILLEMARD
Lien :
- DDEC 54 (Direction Diocésaine de l'Enseignement Catholique de Meurthe et Moselle)
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