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Marie-Noëlle reçoit les palmes académiques

Marie-Noëlle, enseignante à Jean-Paul II, mais aussi animatrice en pastorale à la DDEC de NANCY et de VERDUN pour les écoles du premier degré, recevait les palmes académiques des mains de Jean-François SCHAFF, son chef d'établissement... Relecture d'une carrière..
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MERCI Jean-François
Merci, chère famille, chers amis, chers collègues, d'être présents pour cette petite fête qui m'honore.

Je voudrais vous exprimer en quelques mots les sentiments et les pensées qui m'animent ce soir :

Tout d'abord, une grande émotion de recevoir ces palmes. En effet, il y aura tout juste 40 ans en juin prochain, que dans cet établissement, ma propre mère se voyait remettre ces mêmes insignes, pour couronner 40 années d'enseignement et de dévouement auprès de ses élèves, avec une attention particulière vouée aux plus faibles. Elle exercera ensuite durant 7 ans encore avant de prendre sa retraite. Elle nous a quittés il y a 4 ans, cependant, je suis certaine que ce soir, elle se réjouit avec nous. Et mon émotion est teintée de joie d'honorer ainsi sa mémoire.

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Mais ne croyez surtout pas que mon sentiment dominant soit la fierté : d'autres auraient mérité ou mériteraient autant que moi, plus que moi, de recevoir cette distinction !
C'est pourquoi, à la suite de maman, j' évoque cette parole du livre de Qohélet qu'elle citait de temps en temps : « Vanité des vanités, tout n'est que vanité ! » et, avec elle encore, je peux affirmer honnêtement : « Je n'ai pas travaillé pour la gloire, mais pour le Seigneur ! »
J'ai obéi à un appel intime et fort.
Je me suis engagée, tout simplement, avec ce que je suis, avec enthousiasme et passion.

Une jeune étudiante en art, que j'avais invitée à témoigner auprès d'un groupe qui se préparait à la profession de foi, leur annonçait d'entrée de jeu :
« J'ai deux passions, l'amour de Dieu et la peinture ! ».
J'ai trouvé cet aveu très fort ! Puis-je affirmer moi-même :
« J'ai deux passions, l'amour de Dieu et l'enseignement ! » ?
Une ou deux années après, je rappelai à cette jeune fille combien la force de sa conviction avait marqué et les jeunes et leurs animateurs. Elle me confia alors : « C'est toujours vrai, mais, aujourd'hui, je le dirais autrement : J'ai une passion, servir Dieu à travers ma peinture. »
Alors, moi aussi, je préfère vous confier :
« J'ai une passion : Etre témoin de l'amour de Dieu à travers ma façon de vivre l'enseignement et tout ce qui s'y rattache. »

Mais, me rappelle saint Paul: «« Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te vanter comme si cela venait de toi ? » I Co 4,7

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Alors, mon sentiment dominant, ce soir, c'est la reconnaissance. J'ai envie de remercier toutes les personnes
qui m'ont éduquée, formée,
qui m'ont dévoilé l' idéal qui a donné sens à ma vie,
qui m'ont ouvert un chemin vers cet idéal,
qui ont marché, avec moi sur ce chemin.

Merci à mes parents
Ma vocation d'enseignante, c'est d'abord à eux que je la dois. Ils étaient de cette génération de « maîtres » entrés dans l'enseignement catholique par conviction profonde et avec enthousiasme. Pour eux, ouvrir de jeunes intelligences à la compréhension du monde, au sens de la vie, et dans un même mouvement, à l'amour de Dieu et au service des autres, c'était le plus beau métier du monde, et cela valait bien de se contenter d'un salaire de misère, à une époque où l'enseignement libre ne recevait aucune aide de l'Etat. Ils furent des passionnés, et leur passion était communicative, puisque, dès l'âge de 4 ans, je décidai, à Benoîte-Vaux, au cours d'une journée d'enseignants chrétiens où je les accompagnais, d'embrasser la même carrière.
Ils m'ont transmis deux trésors essentiels :
- le premier : un goût prononcé pour la recherche d'activités, de projets, de méthodes, pour donner sens aux apprentissages scolaires, capter l'intérêt, susciter la motivation des élèves... Cela ne marche pas toujours ! et tant pis pour moi si je me retrouve avec des préparations qui prennent des proportions imprévues ou des monceaux de corrections ! Cependant, c'est ce qui rend passionnant l'exercice de mon métier.
- le deuxième trésor : c'est cette conviction, dont ils vivaient quotidiennement et qu'ils ont inscrite au plus profond de moi : « Le secret du bonheur, c'est aimer ; aimer son métier, aimer ses élèves. » Mais n'est-ce pas dangereux, usant d'aimer ? Le risque est grand, c'est vrai. Mais ils m'ont appris à puiser à la Source, à la Source inépuisable de cet amour, à la Source d'un Dieu qui se donne sans compter. « Venez à moi, me dit encore le Christ, mon joug est facile et mon fardeau léger ! »

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Aux religieuses de la Croix
Pour ce faire, mes parents ont été aidés par les religieuses qui tenaient cette maison, les dames de la Croix, devenues les Sœurs du Christ. Je voudrais ici leur rendre hommage. Je ne reconnais pas dans les caricatures que l'on s'amuse parfois à croquer, ces femmes cultivées (certaines diplômées de la Sorbonne), débrouillardes, dévouées,
à la foi profonde et éclairée, que j'ai connues ici. Oh, bien sûr, chez telle ou telle, un tic physique ou oratoire pouvait nous amuser, mais elles n'étaient pas plus ridicules à nos yeux que nous ne le sommes aujourd'hui aux yeux de nos élèves !
Certaines ont eu une influence décisive sur moi. J'ai bénéficié autant de leur expérience spirituelle et pédagogique, puisée chez un Ignace de Loyola ou un François de Sales que d'un enseignement de qualité qui m'a valu un 16 en latin au bac par exemple ! Elle animaient avec la même compétence une séance de catéchèse, un ciné-club ou une première initiation à la psychologie.
Ce sont elles qui m'ont remis mon premier insigne : une ancre marine en forme de Croix, ou une croix en forme d'ancre marine, avec cette inscription : « Ô Crux, ave, spes uniqua ». Salut, ô Croix, unique espoir. Prise de conscience de l'immense cadeau de Dieu, et... tout un programme !
Alors que j'étais encore étudiante, l'une d'elle m'a fait la confiance de me demander d'assurer la catéchèse d'une classe entière. Premier affrontement avec toute une classe et point de départ de ma carrière dans ce domaine.

Ce sont ces religieuses, qui m'ont offert l'opportunité de structurer ma foi dans un mouvement d'enfants et de jeunes chrétiens, le Mouvement Eucharistique des Jeunes .

Chance inestimable qui m'a donné les moyens de placer ma relation à Dieu au cœur de ma vie de tous les jours et ma vie de tous les jours, au cœur de ma relation à Dieu. Découverte de la vie d'équipe,

ouverture plus large, à la dimension diocésaine et nationale

grande soif d'approfondir le sens de la Parole de Dieu...

Là, je me suis vu remettre plusieurs insignes

qui marquaient mon appartenance au Mouvement,

m'éveillaient au sens de l'engagement dans la durée

et mûrissaient mon désir d'être témoin de l'amour de Dieu.

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C'est dans ce Mouvement que j'animais mes premières équipes, mes premiers temps forts et que je recevais mes premières formations à l'animation, à la rencontre, à la qualité du regard posé sur les personnes... Que de richesses partagées avec les jeunes et les adultes du Mouvement sur une quarantaine d'années d'investissement.
Merci au MEJ et à toutes les personnes avec qui j'y ai travaillé !

Merci à l'IPEC
Ma formation pédagogique fut complétée par trois années passées à l'institut pédagogique de l'enseignement catholique, dirigé à l'époque par une personne charismatique stimulée par un fort idéal. Merci à M. Millord
pour son enthousiasme,
pour sa foi communicative dans l'éducabilité des élèves,
pour sa conviction que l'élève est avant tout une personne à appréhender dans sa globalité.

Enfin, je veux remercier également d'autres personnes avec qui j'ai vécu ou avec qui je vis encore des collaborations fructueuses :

M. Georges Prunneaux avec qui durant plusieurs années, j'ai animé la pastorale de saint Jean Baptiste. Nous nous sommes rejoints

dans l'attention portée à chaque enfant,
et dans le goût de bâtir des projets susceptible de faire grandir toute la personne de l'élève, éveil à la foi, y compris.
Pour la petite histoire, c'est lui qui a accompagné mes premiers balbutiements en informatique, alors que je m'accrochais à ma vieille machine à écrire.
J'associe à cette évocation de l'école Saint Jean Baptiste, tous les enseignants de nos enfants pour qui j'ai toujours éprouvé une grande estime et auprès de qui j'ai beaucoup appris : refaire le parcours du primaire aide énormément pour enseigner en collège.

Les sœurs de la Sainte Famille qui ont collaboré à l'éducation chrétienne de nos jeunes par un accueil dans leur maison et leur chapelle, par une présence simple, discrète, des témoignages vrais et profonds, notamment en la personne de sœur Marie-Paula, de sœur Solange, de sœur Marie-Thérèse... et par leur prière, toujours actuelle.

À Mademoiselle Anne Mougenot, professeur d'histoire à l'ESTIC, rencontrée au MEJ, devenue une fidèle amie, grâce à qui je pus, sur trois années, me nourrir substantiellement, en compagnie d'enseignants en appétit, de la spiritualité et de la pédagogie des Salésiens de Don Bosco. J'en garde de grandes richesses dans mon cœur et dans ma pratique. Je me contenterai d'en partager une seule phrase, le fondement :
« Il ne suffit pas que vous aimiez vos élèves, il est nécessaire qu'ils sachent que vous les aimez ! » Jean Bosco, à ses enseignants, à une période où les jeunes étaient particulièrement difficiles.

Merci à M. François Colin, à toi Jean-François, et Mme Monique Meyer, pour la confiance qu'ils m'ont faite dans les responsabilités confiées. J'ai pu vérifier que c'est dans la confiance que l'on grandit et que l'on devient fécond

Merci à vous mes collègues de Jean-Paul II et de la DDEC, merci pour tout ce que nous réussissons ensemble dans l'accompagnement de nos jeunes, dans l'investissement au service de la croissance de toute leur personne. Car, pour reprendre la conviction de M. Eric de Labarre, actuel secrétaire général de l'Enseignement catholique, à quoi sert-il d'enseigner, si notre enseignement ne permet pas à nos jeunes d'être éduqués et d'être éveillés à la question du sens ?
Si vous le voulez bien, continuons quelques années encore ensemble !

Merci à tous mes élèves,
à ceux qui me donnent du mal parce qu'ils ont du mal,
à ceux qui sont faciles, parce qu'ils ont déjà appris à faire effort.
Merci pour les riches moments vécus avec vous, pour les joies de vos découvertes, pour l'élargissement de vos esprits et de vos cœurs.

Merci aux parents, ceux qui s'investissent, ceux qui encouragent, ceux qui questionnent, ceux qui réclament et proposent... Ils me permettent d'évaluer la pertinence de mes propositions, et de remettre sans arrêt l'ouvrage sur le métier pour adapter et parfaire.

Merci à notre évêque, aux prêtres, aux diacres, aux agents de la pastorale du diocèse et de la paroisse Saint Maxe, aux catéchistes de JP II pour la richesse de leurs personnalités, la variété de leurs engagements et la joie du partage et de la collaboration.

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Et puis, j'ai gardé le meilleur pour la fin, merci à ma belle famille, merci à François et à nos enfants. Ma famille est une passion plus grande encore que l'enseignement. Pendant quatorze ans, je m'y suis consacrée, presque exclusivement. Ce fut et c'est toujours une source d'amour partagé, une source de dynamisme et d'enrichissement dans les joies comme dans les difficultés.

C'est avec vous tous que je veux partager ma médaille ! Je souhaite qu'elle vous honore aussi, vous qui m'entourez ce soir et ceux qui n'ont pas pu être des nôtres. Je souhaite qu'elle honore notre établissement, l'Enseignement Catholique, l'Eglise et le Seigneur !

Permettez-moi de terminer, en l'adaptant un peu, par un extrait de cette prière proposée dans le Paroisse Vivante de cette semaine :

« Seigneur, tu ne nous appelles pas à une être école de rêve, un établissement de purs.
Toi, Seigneur, tu sais voir au-delà des apparences : comme beaucoup, je suis embauchée pour ton Royaume, alors que j'ai les mains sales et les jambes lourdes.
Par dessus-tout, Seigneur, que le fruit attendu de nos multiples rencontres soit cette paix intérieure qui permet de s'ouvrir aux joies, aux peines, aux attentes et aux espoirs des autres ;
Qui invite à combattre cet esprit de morosité qui rend sourd aux vraies urgences ;
Qui donne assez de souplesse pour bousculer les plans, même les plus pédagogiques ou pastoraux, et accueillir la nouveauté de chaque personne.
Oui, donne-moi, donne-nous cette paix qui nous permettra, si tu le veux, d'être témoin de ton amour pour tous. Amen

Merci !


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  • DDEC 55 (Direction Diocésaine de l'Enseignement Catholique de Meuse)

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