"Monsieur Brun et Monsieur Grisou"
"Tout ce qu'on peur semer, on le sème". Contre les graines de violence qui peuvent germer dans les cours d'école dès le plus jeune âge", la directrice de l'école Jeanne du Lys, Catherine GRANJON, ne cultive pas la manière forte, mais une approche douce, entre autres à travers la lecture de contes.

Pas n'importe quel conte, mais une action originale : le "kamishibaï", d'inspiration japonaise. Un théâtre de poche, sorte de boîte à images qui fonctionne presque de la même façon qu'une TV. Mais sans électricité, sans émission de téléréalité, sans journaux télévisés et téléfilm US où la violence jaillit sans toujours prévenir.
Le 12 mai après-midi, Maella GUELLEC, étudiante en fac de psychologie a ainsi utilisé, devant une vingtaine d'enfants de 4 à 6 ans, cet "outil à visée artistique, pédagogique et thérapeutique".
"Après, on a mal au coeur"
"La brouille", c'est le nom de ce conte animé, met en scène deux lapins-voisins, "Monsieur Brun et Monsieur Grisou". Leur quotidien est rythmé par les chamailleries, les disputes parce que "Radio Lapinou est trop forte", parce que "le linge cache le paysage". C'est l'escalade que les adultes ne connaissent que trop bien. Mais dans l'adversité, face à l'attaque du renard, les deux lapins mettront leurs forces en commun. "Ils sont à nouveau amis et jureront de ne plus en venir aux mains."
Cette réflexion sur la violence générée par des désaccords a été approfondie par un petit échange entre les élèves de la classe de Sophie KOEHLL et l'étudiante-artiste. Pêle-même, Camille, Nathan, Tom et leurs camarades ont raconté ces "dérapages" que tout enseignant souhaite juguler. "On pousse", "on mord", "on tape" : tels étaient leurs constats, tout en admettant, comme Margot, qe "si on fait exprès, mieux vaut ne pas le faire". Ou en forme de mea-culpa : "On se dit parfois des mots méchants, et après, on a mal au coeur..."
L'école Jeanne du Lys est "plutôt préservée des violences scolaires", diagnostiquait la directrice. IL ya ici beaucoup de fratrie et pas de violences. Nous voulons sutout inculquer le respect".
Et le sens du dialogue pour régler les conflits. Les mots pour désamorcer les maux.
Dans l'Est Républicain le 13 mai 2011
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